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Acheter des crédits compensatoires de carbone
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Les changements climatiques préoccupent de plus en plus le public.
Nous ne pouvons pas résoudre le problème des changements climatiques sans un leadership fort et sans action gouvernementale. Toutefois, les organismes et les individus peuvent aussi apporter leur contribution en réduisant leur empreinte climatique provenant de leurs voitures, de leurs vols en avion, de leur consommation d’électricité et d’autres sources d’émissions.
Plusieurs individus, entreprises et autres organismes se tournent vers les crédits compensatoires de carbone pour neutraliser l'empreinte climatique qui persiste après leurs efforts de réduction d’émissions.
La Fondation David Suzuki et l’Institut Pembina ont créé un guide pour aider les consommateurs, les entreprises et les organismes du Canada à évaluer la qualité des crédits de carbone et leurs fournisseurs. Le guide comprend une enquête visant à évaluer la performance de 20 fournisseurs de crédits compensatoires de carbone au Canada et dans le monde entier.
La façon la plus simple de vous assurer de la qualité des crédits compensatoires que vous achetez est de choisir des crédits certifiés par des organismes indépendants aux normes d’évaluation rigoureuses (comme le Gold Standard). De plus, le type de crédit compensatoire est à considérer, car les crédits qui proviennent de projets d’énergie renouvelable ou d’efficacité énergétique favorisent un tournant vers une économie axée sur l’énergie propre.
Bien sûr, il existe aussi des projets compensatoires de haute qualité qui ont des normes rigoureuses mais qui n'ont pas été certifiés. Dans ce type de cas, les acheteurs doivent alors être plus diligents dans leur évaluation des crédits compensatoires qu’ils pensent acheter.
Un crédit compensatoire de carbone est essentiellement un service où l’acheteur paie quelqu’un pour qu’il réduise, en son nom, les émissions de gaz à effet de serre en investissant, par exemple, dans une entreprise agricole alimentée par des éoliennes. Cela permet aux acheteurs d’assumer la responsabilité de leur impact climatique et de faire preuve de leadership en matière de changements climatiques.
La demande mondiale de crédits compensatoires de carbone a mené à un vaste et florissant marché du carbone. Les responsables du développement de ce marché sont les entreprises, les gouvernements, les institutions financières, les organismes à but non lucratif et tous les individus qui agissent comme courtiers, acheteurs ou vendeurs de crédits compensatoires de carbone. En 2008, on a évalué les transactions effectuées dans le marché volontaire du carbone à plus de 460 millions de dollars canadiens.
La première chose à faire est d’évaluer son empreinte climatique et de comprendre quelles sont les principales sources de ses émissions. Assurez-vous d’inclure dans votre calcul toutes les sources de vos émissions, incluant votre consommation d’électricité, votre utilisation de combustibles fossiles et votre transport (en véhicule et par avion). Utilisez uniquement des calculateurs de carbone que vous trouvez sur les sites Internet de fournisseurs crédibles. Recherchez les calculateurs qui vous permettent de faire des entrées détaillées (ex. : le modèle exact de votre véhicule). Ce sont ces calculateurs qui vous permettront d’obtenir les résultats les plus précis. Le site Internet de la Fondation David Suzuki offre plusieurs liens vers des calculateurs recommandés :
http://www.davidsuzuki.qc.ca/agissezcon/endevenant
Deuxièmement, avant même d’acheter des crédits de carbone, il est important de commencer par réduire au maximum sa propre emprunte de carbone. Si nous voulons collectivement atteindre le niveau de réduction d’émissions de carbone nécessaire pour résoudre le problème des changements climatiques, il est du devoir de tous et chacun de changer ses habitudes, tant au bureau qu’à la maison. Mettre en application tous ces changements aura aussi pour effet d’ajouter de la crédibilité aux crédits achetés tout en vous permettant d’économiser de l’argent, si jamais vous décidiez de devenir carbone-neutre.
Troisièmement, faites vos devoirs avant d’acheter. Le marché volontaire des crédits de carbone n’est pas règlementé et ne repose sur aucune norme universelle. Nous espérons qu’une norme stricte pour les crédits de carbone au Canada verra le jour le plus tôt possible. Une telle norme aidera au développement du marché volontaire de crédits de carbone tout en assurant de vrais bénéfices pour l’environnement et une véritable réduction de l’impact que les canadiens ont sur les changements climatiques.
Parce que vous pouvez faire une différence.
Vous pouvez participer à la réduction d’émissions de gaz à effet de serre (cause majeure des changements climatiques), que ce soit en tant qu’individu, entreprise ou organisation.
Puisque les résultats de notre enquête sur les vendeurs de crédits de carbone présentés dans ce guide sont une image fixe des pratiques en place au moment de la rédaction, les acheteurs sont encouragés à effectuer leurs propres recherches pour mieux connaître les fournisseurs et ce, avant même de procéder à quelques achats que ce soit. Ci-bas est présentée une liste de questions types qui peuvent être soit posées directement aux fournisseurs ou dont vous trouverez la réponse en naviguant sur le site internet de ce même fournisseur.
Voici dix questions pouvant être posées à un fournisseur de crédits de carbone :
- Quel est (ou quels sont) le (ou les) type(s) de projets qui composent votre portefeuille (ex. : projets éoliens, captage de méthane, etc.) et quelle est la situation géographique?
- Afin d’en assurer leur qualité, est-ce que vos crédits de carbone sont certifiés à l’aide d’une norme reconnue (ex. : Gold Standard, MDP, VCS, Climate Action Reserve, Green-e, etc.)? Si oui, pouvez svp fournir la liste de cette (ou ces) norme(s)?
- Quelles mesures avez-vous mises en place afin de vous assurer de l’additionnalité des crédits de carbone que vous vendez (c.-à-d., que les projets associés à vos crédits n’auraient pas tout de même eu lieu sans le marché du carbone ou l’apport financier qu’amène la ventes de ces crédits)?
- Comment faites-vous pour vous assurer que les réductions de gaz à effet de serre associées aux crédits de carbone que vous vendez sont quantifiables et justes?
- Est-ce que 100% de vos crédits de carbone sont validés et vérifiés par des tiers indépendants?
- Si vous vendez des crédits de carbone pour des projets à venir, quel type de mécanisme avez-vous mis en place (ex. : assurance ou autre) pour assurer que ces crédits de carbone seront bel et bien livrés?
- Quel pourcentage de votre portefeuille (% de tonnes de CO2) est constitué de projets de plantation d’arbres ou de projets de sols agricoles? Et s’il s’agit d’un large pourcentage (plus de 20% de votre portefeuille), comment gérez-vous la question de permanence (c.-à-d., comment faites-vous pour vous assurer du maintien du carbone dans les arbres et/ou le sol pour au moins 100 ans)?
- Utilisez-vous un registre accessible au public pour suivre vos crédits de carbone? Si oui, pouvez-vous svp fournir le site Internet de ce registre? Si non, comment faites-vous pour vous assurer que vos crédits ne sont vendus qu’à un seul acheteur? Et « retirez-vous » les crédits une fois que vous les avez vendus?
- Quel pourcentage du prix de vente de vos crédits de carbone demeure entre les mains du (des) développeur(s) (c.-à-d., celui qui développe le (les) projet(s) que les crédits de carbone aident à financer)?
- Que fait votre entreprise pour éduquer les consommateurs au sujet des changements climatiques et de la nécessité d’avoir des politiques gouvernementales à ce sujet?
Consultez le guide complet (en anglais seulement, la version française sera publiée sous peu) pour plus de détails sur comment évaluer l’information que l’on vous fournit.
Pour débuter, voici quelques conseils sur la manière d’acheter des compensations carbone :
- Faites de la protection du climat votre priorité numéro un. Les compensations carbone doivent être de très bonne qualité pour qu’elles soient profitables au climat. Il est préférable d’acheter moins de crédits mais de bonne qualité plutôt que d’en acheter beaucoup d’une qualité inférieure. Préférez des compensations qui répondent à des normes indépendantes relativement strictes, tels que CDM ou The Gold Standard. Ces normes prouvent que le critère-clé de qualité est atteint.
- Soyez un acheteur informé. Examinez attentivement les arguments du fournisseur concernant la qualité des compensations. Recherchez les fournisseurs qui donnent des informations détaillées sur leur site internet au sujet des compensations qu’ils offrent afin de savoir exactement ce que vous achetez. N’hésitez surtout pas à demander des renseignements qui ne sont pas accessibles publiquement sur le site internet dufournisseur.
- Pour être sûr que les compensations que vous achetez ne sont vendues qu’une fois, choisissez un fournisseur qui vous garantit qu’il « retirera » la compensation du marché en votre nom. Il est également recommandé de choisir un fournisseur qui utilise un registre indépendant accessible au public permettant de suivre l’état de propriété de la compensation au cours de sa durée de vie. Si un fournisseur propose des compensations certifiées par l’un des principaux standards en la matière (ex : CDM, VCS, Gold Standard), les compensations figurent alors déjà sur un registre.
- Recherchez des informations émanant de sources indépendantes. Vous pouvez consulter les rapports et analyses d’experts sur les compensations de dioxyde de carbone, les fournisseurs, le marché volontaire du carbone, et/ou demander conseil auprès d’un organisme écologique reconnu ou un consultant en gaz à effet de serre.
Voici un tableau récapitulatif qui montre comment 14 vendeurs de compensations canadiens, ainsi que sept vendeurs internationaux connus ont été comparés. L’évaluation de ces vendeurs est basée sur les six critères suivants :
Additionalité: L’un des éléments-clés qu’il faut rechercher lorsque l’on souhaite acquérir des compensations contre les émissions de dioxyde de carbone, est la complémentarité, autrement dit on recherche des compensations qui vont au-delà du « service habituel ». Il est important de faire attention à ne pas payer pour une activité qui aurait eu lieu de toute façon, car votre investissement ne représenterait alors aucun bénéfice supplémentaire pour le climat. Un projet de compensation carbone est considéré comme complémentaire dès lors qu’il n’aurait pas pu avoir lieu si le marché des compensations n’avait pas existé, ou si la vente de compensations n’avait pas dégagé de revenus supplémentaires (autrement dit, les réductions de dioxyde de carbone auraient eu lieu malgré tout). Nous avons regardé si les fournisseurs vendaient des compensations dont la complémentarité avait été contrôlée, et nous avons donné le plus grand nombre de points aux fournisseurs qui vendaient des compensations certifiées selon les normes qui nécessitaient une évaluation des complémentarités.
Audit (validation et vérification): Les audits indépendants garantissent que les relevés réalisés sur les compensations sont véritables et correctes. La « validation » a lieu avant que le projet de compensation ne soit mis à exécution, et elle évalue la conception du projet. La «vérification » a lieu une fois que le projet a été mis en œuvre et qu’il a généré des réductions de gaz carbonique. La vérification confirme de façon indépendante si l’activité a effectivement entraîné des réductions de dioxyde de carbone et si celles-ci sont plus ou moins importantes que ce qui avait été prévu au départ. Nous avons donné le plus grand nombre de points aux fournisseurs qui indiquaient que 100% de leurs compensations avaient été validées et vérifiées par un audit indépendant.
Propriété unique: Etant donné que les compensations sont des biens incorporels, il est extrêmement important que les droits du propriétaire soient clairement établis pour les réductions de gaz à effet de serre engendrées par la compensation qu’il finance. L’utilisation de registres accessibles au public (ex : sur internet) pour pouvoir suivre ses compensations nous a permis d’établir un indicateur de propriété unique. Enfin, nous avons demandé aux fournisseurs s’ils se soumettaient à des audits « vente et provision » réalisés par des tiers pour pouvoir garantir qu’ils ne vendaient les compensations qu’une seule fois.
Permanence: La permanence fait référence au caractère durable des bénéfices dégagés par le projet de compensations carbone sur le climat et elle varie en fonction du type de projet de compensations. Si l’on prend par exemple le cas des projets de compensations en matière d’énergie renouvelable, d’efficacité énergétique ou de destruction du méthane, il n’y a pas de risque de revirement de situation et la permanence n’est donc pas un problème.
Transparence du fournisseur: Pour que les consommateurs puissent évaluer la qualité et les autres critères d’achat de compensations, les fournisseurs devraient faire preuve de transparence à leurs compensations et à leurs modes d’opération. Nous avons donné des points aux fournisseurs qui donnaient des informations sur leur projet de compensations sur leur site internet, dont notamment : le type de projet de compensations et le lieu où il se déroule ; description des technologies utilisées (autrement dit la manière dont les réductions de gaz carboniques sont atteintes) ; l’année au cours de laquelle les compensations ont été créées ; le tonnage de compensations produit annuellement par chaque projet ; le tonnage total de réductions de gaz à effet de serre qui devrait être atteint par chaque projet ; les noms des entreprises qui ont effectué les validations et vérifications, le nom des normes utilisées pour chaque compensation.
Éducation du public: Bien que l'éducation du public ne soit pas cruciale pour la rentabilité écologique des compensations d’émissions de dioxyde de carbone, les fournisseurs ont la possibilité de former les consommateurs sur les changements climatiques et sur les solutions pour y remédier. Nous avons donné des points aux fournisseurs qui publiaient des informations exactes sur les causes des changements climatiques sur leur site internet, et qui indiquaient aux consommateurs l’importance de réduire leurs propres émissions.
- Des trucs simples pour vous aider à réduire votre empreinte environnementale
http://www.davidsuzuki.qc.ca/agissezcon - Des ressources pour les entreprises intéressées à mesurer, réduire et compenser leurs émissions de gaz à effet de serre
http://www.davidsuzuki.qc.ca/agissezcon/autravail - One Less Tonne, de l’Institut Pembina (en anglais seulement)
www.onelesstonne.ca
Vous pouvez télécharger le guide complet gratuitement en cliquant ici (en anglais seulement, la version française sera publiée sous peu).
Les renseignements publiés sur cette page internet sont basés sur le livre Purchasing Carbon Offsets: A Guide for Canadian Consumers, Businesses, and Organizations. Ce dernier propose des informations générales aux particuliers, entreprises et organisations qui souhaitent utiliser les compensations d’émissions de gaz à effet de serre. Il compare également des fournisseurs de compensations spécifiques selon un ensemble de critères établis par le personnel de la Fondation David Suzuki et de l’Institut Pembina.
Il relève toutefois de l’entière responsabilité du lecteur d’établir son propre jugement quant à la véracité, la pertinence et le contenu des informations fournies dans ce guide. Le fait que des fournisseurs spécifiques, des produits et des services sont nommés dans ce guide ne signifie absolument pas que la Fondation David Suzuki ou l’Institut Pembina ou les membres de leur personnel soutiennent ces fournisseurs, produits ou services.
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